mardi, août 4

Des moyens supplémentaires, plutôt que des mots convenus. L’intersyndicale des pompiers s’est fendue d’un communiqué cinglant le lundi 3 août, alors que la sphère politique ne tarit pas d’éloges pour saluer le travail des équipes face aux feux dantesques qui ravagent ou ont ravagé l’Hexagone. Dans leur texte, les neuf organisations syndicales s’opposent à l’emploi du terme « héros » pour décrire les sapeurs-pompiers.

« Les responsables politiques saluent leur courage, leur dévouement et leur engagement sans faille. Pourtant, nous refusons que le mot « héros » serve une nouvelle fois à dissimuler la réalité » et « le délitement de la Société civile », explique le communiqué cosigné par FA SPP-PATS, CGT des Sdis, Avenir Secours, SNSPP-PATS, SUD Sdis, FO-SIS, UNSA-SDIS, SPASDIS-CFTC et CFDT Sdis.

Incendies : des pompiers entre émotion et agacement face au combat incessant et au manque de moyens

« Les sapeurs-pompiers ne demandent ni admiration particulière, ni glorification permanente, poursuit le texte, ils demandent simplement de pouvoir accomplir leurs missions dans des conditions compatibles avec les enjeux auxquels ils sont confrontés, avec des effectifs suffisants, des équipements adaptés et des moyens opérationnels à la hauteur. »

Une « absence » d’« ambition nationale pour la Sécurité civile »

Cette mise au point des syndicats intervient alors que plusieurs d’entre eux ont pris la parole depuis le début de la saison des feux 2026, particulièrement brutale, pour alerter sur le manque de moyens et d’effectifs, mais aussi sur la fatigue physique et mentale des équipes.

« La situation actuelle n’est pas uniquement la conséquence d’un contexte climatique de plus en plus extrême », mais aussi de « vingt années de sous-investissement » et d’« alertes répétées restées sans réponse », juge le communiqué, rappelant que les syndicats ont déjà signalé « le manque chronique d’effectifs », le matériel vieillissant et plus largement « l’absence d’une véritable ambition nationale pour la Sécurité civile ».

Face à des « incendies toujours plus rapides et destructeurs », les intervenants sont « davantage exposés aux risques opérationnels et sanitaires », s’inquiète l’intersyndicale qui rappelle que « plus de 130 sapeurs-pompiers » ont été « intoxiqués » en luttant contre les feux de cet été, le tout alors que les « risques de contamination à long terme » sont « encore mal évalués ». Elle a aussi des mots pour les « vies perdues » chez les soldats du feu cet été.

« Résilience » ne peut pas rimer avec « manque de moyens »

Le communiqué de lundi mentionne également les conséquences des incendies sur les territoires touchés, avec « plus de 200 habitations détruites » et des « activités économiques durablement affectées ». Si elles saluent « la remarquable chaîne de solidarité » avec les militaires, les agriculteurs et les citoyens bénévoles, les organisations syndicales y voient aussi une compensation des « insuffisances du service public ».

« Il ne s’agit plus seulement de solidarité, c’est le symptôme d’un système arrivé à ses limites », affirme le communiqué qui invite le gouvernement à réfléchir à son usage du terme « résilience ». « La résilience d’une nation ne consiste pas à apprendre à vivre avec le manque de moyens, pointent les syndicats, elle repose au contraire sur la capacité à anticiper, protéger et soutenir celles et ceux qui assurent chaque jour la sécurité de nos concitoyens ».

« Au bout du courage des sapeurs-pompiers commence la responsabilité de l’État », martèlent les syndicats, qui exigent « un engagement financier durable de l’État en faveur de la Sécurité civile », un « recrutement massif », un « renouvellement et la modernisation des moyens nationaux » et un « suivi médical renforcé des personnels exposés ».

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