Lourdes secondes au Palais Bourbon. Les députés ont observé une minute de silence, ce mardi 17 février, à l’ouverture des questions au gouvernement, pour rendre hommage au militant nationaliste Quentin Deranque, tué à Lyon après une agression violente dont les détails restent encore à déterminer.
« Personne ne devrait mourir à 23 ans. Personne ne devrait mourir pour ses idées », a notamment déclaré Yaël Braun-Pivet au perchoir, après avoir accédé à la demande d’Éric Ciotti de saluer la mémoire du jeune homme. L’ensemble des élus se sont alors levés, respectant ces quelques secondes de recueillement, dans une ambiance particulièrement lourde, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de l’article.
Outre les passes d’armes qui ont suivi, notamment entre l’extrême droite et la gauche, plusieurs voix ont exprimé leur gêne quant à cet hommage rapide, qui ne correspond pas forcément aux us et coutumes (changeantes) à l’Assemblée nationale.
« Tyrannie de l’immédiateté »
Effectivement, même si aucun groupe ne s’est opposé à ce moment de recueillement lors de la conférence des présidents (organe qui autorise ou non ces minutes de silence), plusieurs députés ont regretté la tournure des choses. C’est le cas par exemple de Paul Molac, membre du groupe centriste indépendant Liot.
« J’ai émis des réserves. Je ne sais pas ce que le procureur dira de cette affaire. Il y a bien effectivement un crime commis. Pour l’instant, j’aimerais en avoir les tenants et les aboutissants pour savoir s’il faut faire une minute de silence ou pas », a ainsi plaidé l’élu du Morbihan, appelant ses collègues à ne pas « céder à la tyrannie de l’immédiateté » ou à la « peopolisation », à l’heure où de nombreuses zones d’ombre entourent encore les faits qui ont conduit à la mort du jeune homme.
Sceptique également sur les contours de cet hommage, le président du groupe communiste à l’Assemblée a pour sa part réclamé que la minute de silence concerne toutes les victimes de violences politiques ces dernières années. « Pour ma part, et avec d’autres, nous avons souhaité que cette minute qui sort un peu des jurisprudences de l’Assemblée soit élargie à l’ensemble des personnes qui ont été victimes de violences politiques. Depuis 2022, il y a eu 12 morts notamment liés à des exactions de groupes d’extrême droite et qui n’ont pas fait l’objet de ces minutes », a ainsi fait remarquer Stéphane Peu, appelant à une forme de « considération » pour tous les camps.
Un argument également repris du côté de la France insoumise, mouvement visé par de nombreuses accusations, pour ses liens avec le mouvement antifasciste de la Jeune garde notamment, depuis le drame. « Nous avons soutenu la minute de silence tout en redisant, et j’espère que la présidente de l’Assemblée nationale suivra cela, que nous souhaitons que cette minute de silence soit un hommage digne », a-t-elle indiqué, pointant toutefois une « flambée de violences de l’extrême droite ». Elle a pris en exemple la mort de l’ancien international de rugby argentin Federico Martin Aramburu, assassiné à Paris le 19 mars 2022, soulignant qu’il n’y avait pas eu de minute de silence.
Cette affirmation de Marion Maréchal sur les violences de l’extrême droite est contredite par les chiffres
Le gouvernement ne veut plus de conférences de Rima Hassan (ni de personne) dans les universités




