jeudi, mars 27

Le président du groupe communiste André Chassaigne quittera l’Assemblée nationale dans les prochains jours.
Ce mardi, il a pris la parole pour la dernière fois lors des Questions au gouvernement, interrogeant le Premier ministre François Bayrou sur les « coups de force démocratiques ».
Il a reçu l’hommage du chef du gouvernement, de la présidente de l’Assemblée et de l’ensemble de ses pairs.

Il a encore quelques jours pour quitter son mandat. Après six élections et 22 ans passés à l’Assemblée nationale, le communiste André Chassaigne va quitter son siège de député de l’Auvergne. « Il est temps que je cède ma place à un député d’une autre génération », avait annoncé l’élu de 74 ans en janvier. Depuis, il a été élu le 14 mars dernier adjoint au maire de Saint-Amant-Roche-Savine, dans le Puy-de-Dôme, date à partir de laquelle 30 jours lui ont été donnés pour quitter le palais Bourbon. 

Ce mardi 25 mars, il a donc posé sa dernière question lors de la séance de Questions au gouvernement. Il s’est adressé au Premier ministre François Bayrou, qu’il a interrogé sur les « coups de force démocratiques » récurrents ces dernières années, dans lesquels il classe l’échec du conclave sur les retraites. « Vous-même n’avez-vous pas délibérément trompé les Français, les représentations syndicales et notre Parlement en organisant un conclave de façade alimentant de faux espoirs chez ceux qui souffrent déjà de la réforme des retraites ? », a-t-il lancé. « La violation de la séparation des pouvoirs conjuguée à la brutalité des annonces met en péril notre démocratie ici comme dans le pays », a poursuivi l’élu de gauche. 

André Chassaigne a ensuite accusé François Bayrou d’aligner sa « méthode » et son « programme » sur « l’agenda de l’extrême droite » alors que « nous avons plus que jamais besoin d’une nation unie, unie au service de la cohésion et de la paix ». « Je vous appelle solennellement à un sursaut, à un coup de force, mais un coup de force démocratique », a-t-il conclu.

En guise de réponse, François Bayrou a voulu le rassurer « parce que ce que vous avez décrit dans l’affirmation et l’appel à une nation unie, c’est ce que, je crois, nous avons de plus important à construire et de plus précieux à défendre »

Nous nous avons eu beaucoup de chances de pouvoir travailler avec vous

François Bayrou

Le chef du gouvernement a ensuite poursuivi sur un ton plus personnel pour lui adresser sa « gratitude ». « Vous avez été pendant des années, des décennies un visage qui portait l’honneur de notre Parlement et de notre démocratie. Vous avez été un visage qui portait l’honneur de la République. Vous avez été une personnalité profondément enracinée dans le sol de notre pays, porteur d’une vision de la province et de l’Auvergne dont vous avez été l’expression. » « Vos compatriotes qui vont vous retrouver dans vos fonctions municipales ont beaucoup de chances. Nous avons eu beaucoup de chances de pouvoir travailler avec vous et nous avons bien l’intention de continuer à défendre ensemble les valeurs que vous avez illustrées dans ce Parlement », a-t-il loué.

Avant cela, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet avait assuré qu’avec lui s’éloignait « une grande figure de l’Assemblée nationale dont la voix résonnera encore longtemps dans cet hémicycle ». « Je voudrais saluer aujourd’hui un très grand républicain, défenseur irréprochable de nos valeurs fondatrices et de nos institutions », avait-elle déclaré. Tous les députés s’étaient ensuite levés pour lui réserver une standing-ovation.

J.F.

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