L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) a annoncé jeudi 29 janvier l’ouverture d’une enquête administrative à l’encontre de l’ensemble des opérateurs téléphoniques français. Ceux-là sont soupçonnés de lutter trop mollement contre les pratiques d’usurpation de numéros des particuliers, détournés par des démarcheurs ou des arnaqueurs, qui parviennent à les afficher sur les téléphones des nombreuses cibles qu’ils contactent.
En 2025, ces usurpations ont occasionné un record de 19 000 alertes à l’Arcep, contre 531 seulement en 2023, constituant désormais le premier motif de signalement. Une aggravation qui passe mal, plus d’un an après la généralisation du Mécanisme d’authentification des numéros (MEN), une obligation légale pour les opérateurs, qui leur permet théoriquement d’échanger les informations d’authentification des appelants, renseignées par l’opérateur à l’origine de l’appel.
Selon l’Arcep, les signalements recueillis, « par leur volume et leur gravité, témoignent de l’agilité des fraudeurs pour identifier et exploiter des moyens de contournement des dispositions légales ». L’enquête « vise à comprendre l’origine et les modalités d’acheminement des appels dont le numéro a été usurpé et à vérifier le respect des obligations d’authentification des numéros d’appelant prévues par la loi ».
Les particuliers au numéro détourné témoignent fréquemment auprès du gendarme des télécoms de leur détresse fasse aux appels agressifs d’inconnus leur reprochant les coups de fils frauduleux qu’ils n’ont pourtant pas passés. Outre les particuliers, les fraudeurs parviennent aussi à détourner les numéros d’autorités publiques ou d’établissements financiers.




