samedi, janvier 17
Le collectionneur et historien de la photographie André Jammes (au centre), lors des Rencontres internationales de la photographie d’Arles, et l’historien Jean-Maurice Rouquette, cofondateur des Rencontres, le 5 juillet 1980.

Il est des personnes que nul ne connaît et dont l’apport est immense. André Jammes est de ce calibre. « Obscur mais indispensable », disait de lui l’écrivain Hervé Guibert dans les années 1970. Il était un des plus importants libraires anciens de Paris. Et surtout le « pape » de la photographie – son surnom à Paris, Londres, New York –, sauvant, à partir des années 1950, des milliers d’images du XIXe siècle alors méprisées afin de construire la collection la plus importante au monde. Et si aujourd’hui la photographie est à la mode, si expositions et livres rayonnent, c’est en partie grâce à lui. André Jammes est mort le 15 janvier à Paris, à 98 ans.

Son jour de gloire survient le 27 octobre 1999 quand il vend aux enchères, à Londres, chez Sotheby’s, 287 photographies de sa collection qui court du XIXe siècle aux années 1930. « La vente du siècle », a-t-on dit : tous les musées prestigieux, collectionneurs, amateurs et marchands du monde entier font le déplacement. Tous savent les images exceptionnelles. Le moment l’est aussi, celui où la photo d’art sort du mépris.

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