mardi, février 10

  • Amélie de Montchalin sera nommée mercredi à la tête de la Cour des comptes.
  • Un cadeau d’Emmanuel Macron à celle qui lui est fidèle depuis 2017.
  • À tous les postes auxquels elle a été nommée, elle a défendu ses dossiers et des réformes qui n’étaient pas toujours les siennes.

Elle fait partie de celles et ceux dont la carrière politique a décollé avec celle d’Emmanuel Macron en 2017. En neuf ans, Amélie de Montchalin a enchaîné les postes les plus prestigieux au sein de la République : députée et ministre, elle est même devenue représentante permanente de la France auprès de l’OCDE, et terminera donc le second quinquennat du président à la tête de la Cour des comptes. Aussitôt l’adoption du budget 2016 achevée, le chef de l’État a en effet choisi de mettre cette fidèle à la présidence de l’institution, pour une durée indéterminée. Une récompense pour cette proche d’Emmanuel Macron, qui a su se faire apprécier jusque dans l’opposition, même si ce mardi celle-ci dénonce sa nomination à la Cour des comptes et craint de possibles conflits d’intérêts.

Les qualificatifs pour décrire Amélie de Montchalin sont souvent les mêmes : « techno pur jus, soldat en mission », dit d’elle la sénatrice communiste Eliane Elassi ; « directe, solide et bosseuse », ajoute un maire de l’Essonne qui, par ailleurs, ne trouve pas qu’il s’agisse de « la fille la plus fun de la planète ». Le président de la commission des Finances Éric Coquerel (LFI) loue sa « technicité » et son « toupet »

On a l’impression qu’elle ne doute jamais

Eric Coquerel

Au moment de la bataille budgétaire, elle formait avec le ministre de l’Économie Roland Lescure un duo complémentaire. « On a l’impression qu’elle ne doute jamais, alors que Lombard donne parfois l’impression de plus s’interroger », remarquait Éric Coquerel. Même le député RN Jean-Philippe Tanguy disait, à l’issue d’un rendez-vous avec elle à Bercy, qu’il était « le premier en trois ans que j’ai trouvé intéressant ». Il appréciait que la ministre soit « dans une logique de faire un travail de fourmi, d’analyse des dépenses ». « Amélie ne baratine pas. C’est ce qui a été apprécié par les forces politiques : elle ne change pas de discours selon ses interlocuteurs », concluait un membre de son entourage.

Économiste de formation, c’est sûrement à Bercy que cette mère de trois enfants âgée de 40 ans a été la plus à l’aise dans son travail de ministre. Elle avait été nommée ministre des Comptes publics en décembre 2024, rappelée au gouvernement par François Bayrou après une petite traversée du désert post élections législatives, où elle avait été battue dans l’Essonne par le socialiste Jérôme Guedj. Avant cela, celle qui avait débuté sa carrière politique comme députée en 2017 avait été à la tête de quatre maroquins : Affaires européennes, Fonction publique, Transition écologique, le premier dès mars 2019. Avant son retour au gouvernement, la diplômée de HEC et Harvard, qui avait occupé différents postes dans le secteur bancaire (BNP Paribas) et l’assurance (Axa), était devenue représentante permanente de la France auprès de l’OCDE.

Une « capacité à faire aboutir les projets »

À chaque fois, elle a défendu ses dossiers. « Ce qui m’a impressionné », confie une source au sein de l’administration auprès de l’AFP, « c’est sa capacité à faire aboutir les projets », comme le financement par l’employeur des mutuelles des agents publics ou la suppression de l’ENA. À son passage à la Fonction publique, Amélie de Montchalin a réussi « à incarner et à porter un discours sur la fonction publique », applaudit cette même source. 

Venant de la droite, Amélie de Montchalin a été un temps, pendant ses études, assistante de Valérie Pécresse. Elle a aussi envoyé des notes à Alain Juppé pendant la primaire de la droite avant de rejoindre Emmanuel Macron pour son « engagement européen ». « J’ai répondu à un appel en janvier – pas de l’Ange Gabriel, mais d’un certain Emmanuel (…) mi-apeurée, mi-curieuse et sentant qu’il y avait beaucoup à apprendre (…) à sortir d’un chemin professionnel et familial prenant certes mais plutôt confortable et bien tracé (…) Comme quand les pères Jésuites sont envoyés en mission, loin et différemment de leurs attentes », disait-elle après cet engagement lors d’un discours en Belgique devant « la grande famille jésuite », rejointe par cette catholique pratiquante « au début de sa vie étudiante ».

Aujourd’hui, c’est cette expertise et cette fidélité qu’Emmanuel Macron souhaite récompenser, en espérant qu’elle lui servira un jour, lorsqu’il ne sera plus lui-même au pouvoir. Amélie de Montchalin deviendra, à 40 ans, la première femme et la plus jeune Première présidente de la Cour des comptes. 

J.F.

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