
Olivier Solivérès aime prendre le spectateur par la main. Dans son adaptation réussie du film Le Cercle des poètes disparus (toujours à l’affiche au Théâtre Antoine, à Paris), il invitait le public à danser sur scène aux côtés des élèves du pensionnat de Welton. Cette fois, en s’emparant d’un autre chef-d’œuvre du cinéma, Amadeus de Milos Forman (1984), il le prend à témoin pour poser son sujet.
Au soir de sa vie, Antonio Salieri (interprété par Jérôme Kircher) passe à confesse et interpelle les spectateurs, tous ces « fantômes du futur » : « En fait, vous ne connaissez aucune de mes œuvres. » Lui, le compositeur officiel et réputé de Joseph II, empereur d’Autriche, se rend à l’évidence. Contrairement à celle de Mozart, sa musique n’est pas restée dans les mémoires. Sur la scène du Théâtre Marigny, le spectacle peut commencer.
Rival indépassable
Flash-back trois décennies plus tôt : nous sommes en 1781. Le déjà brillant Mozart vient d’arriver à Vienne. Le jeune prodige va devenir la bête noire de Salieri, le bousculer dans ses certitudes. Face à ce rival indépassable, le compositeur de la cour est rongé par l’orgueil autant que par l’admiration. Jaloux de son talent, en guerre contre Dieu qui a « choisi Mozart », Salieri va se venger en le réduisant à la misère. Tout au long de l’intrigue, à la fois narrateur didactique et acteur du drame qui se noue, il guide sans relâche le spectateur.
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