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En Iran, la vague de contestation qui a émergé le 28 décembre 2025 dans le bazar de Téhéran, en réaction à la chute de la monnaie, a rapidement pris la forme d’un appel au renversement de la République islamique et s’est étendue à de nombreuses villes du pays.
Ghazal Golshiri, spécialiste de l’Iran au Monde, raconte, le 10 janvier, que « le Guide suprême, Ali Khamenei, a pris la parole devant ses partisans, promettant que la République islamique “ne reculera pas face aux destructeurs” ». Le régime a coupé le téléphone, les messageries et Internet à l’échelle nationale. Selon un bilan de l’ONG Iran Human Rights (IHR), le 14 janvier, la répression du mouvement de contestation a fait plus de 3 428 morts.
C’est le 19 novembre 1979 que le nom d’Ali Khamenei apparaît dans Le Monde, avec la reprise d’une dépêche de l’AFP annonçant la composition du Conseil de la révolution, gouvernement provisoire mis en place par l’ayatollah Khomeyni. Rentré en Iran en février, celui-ci instaure la République islamique un mois plus tard. « Ayatollah Seyed Ali Khamenei : ministre de la défense », apprend-on, sans autre commentaire.
Depuis, l’homme, aujourd’hui âgé de 87 ans, n’a jamais quitté les instances dirigeantes du pays, jusqu’à succéder au Guide de la révolution islamique le 4 juin 1989, ce qui en fait l’homme le plus puissant du pays. Son histoire va se confondre avec celle de ce régime religieux et répressif.
Silhouette plutôt anticonformiste
Le Monde chronique l’ascension de Khamenei, actant ainsi sa première élection comme président de la République islamique le 2 octobre 1981, avec 95 % des voix. Cette victoire donne lieu à un portrait, non signé, titré « Un martyr vivant », consacré à celui qui, à 40 ans, vient d’échapper à un attentat.
« Blessé grièvement aux poumons et au cou par l’explosion d’un magnétophone piégé, il n’avait survécu que par miracle. L’attentat (…) lui a fait perdre l’usage de son bras droit. Il s’exprime désormais d’une voix sourde et lente, contrastant avec le ton énergique dont il usait lorsqu’il prononçait à l’université de Téhéran des sermons passionnés en sa qualité d’imam de la prière du vendredi. »
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