dimanche, janvier 25
Un manifestant renvoie une grenade lacrymogène lors d’affrontements avec la police devant le bâtiment du Parlement lors d’une manifestation antigouvernementale à Tirana, le 24 janvier 2026.

Des affrontements ont opposé, samedi 24 janvier dans la soirée, à Tirana la police albanaise et des manifestants de l’opposition accusant de corruption le premier ministre socialiste Edi Rama et demandant son départ, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP).

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées devant le siège du gouvernement, dans le centre de la capitale albanaise, à l’appel du chef de l’opposition, l’ancien premier ministre Sali Berisha, dirigeant du Parti démocrate (droite). Celui-ci a appelé la foule à « s’unir pour renverser ce gouvernement et installer un gouvernement technique chargé de préparer des élections anticipées, libres et équitables ».

Après les discours, des manifestants ont lancé des cocktails Molotov contre la police, qui a répliqué avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser la foule. De nouveaux affrontements ont ensuite éclaté lorsque des groupes de manifestants ont marché vers le Parlement, où ils ont tenté de briser les cordons de police en jetant des pierres et des cocktails Molotov, la police ripostant à nouveau avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau.

Au moins dix policiers ont été légèrement blessés, selon un communiqué de la police. Selon M. Berisha, 25 manifestants ont été arrêtés.

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« Le dernier kilomètre avant la fin du régime d’Edi Rama »

« C’est le dernier kilomètre avant la fin du régime d’Edi Rama », a-t-il déclaré à ses partisans devant le siège de son parti après la manifestation, promettant de poursuivre le combat.

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La politique albanaise est marquée par des attaques verbales virulentes, les partis de droite comme de gauche s’échangeant régulièrement insultes et accusations de corruption et de liens avec le crime organisé. Sali Berisha lui-même est soupçonné d’avoir attribué des contrats publics à ses proches, ce qu’il nie fermement.

En novembre, un tribunal anticorruption a suspendu la vice-première ministre, proche alliée de M. Rama, en raison de son rôle présumé dans une affaire de corruption liée à des marchés publics. Belinda Balluku, également ministre des infrastructures et de l’énergie, a rejeté les accusations, tandis que le premier ministre a qualifié sa suspension d’« acte brutal d’ingérence dans l’indépendance de l’exécutif ».

Saisie par le gouvernement, la Cour constitutionnelle albanaise a temporairement rétabli Mme Balluku dans ses fonctions en décembre, dans l’attente d’une décision finale. Une commission parlementaire doit examiner mercredi une demande des procureurs anticorruption visant à lever son immunité, ce qui rendrait possible son arrestation.

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Entre autres personnalités politiques, le maire de Tirana Erion Veliaj et l’ancien président Ilir Meta ont été récemment arrêtés pour des accusations de corruption et de blanchiment d’argent.

Le Monde avec AFP

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