lundi, mars 23

  • Trois leaders présumés de la DZ Mafia sont jugés à partir de 14h ce lundi 23 mars et jusqu’au 10 avril devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône.
  • Ils comparaissent pour un double assassinat commis en 2019 dans un contexte de rivalités entre narcotrafiquants marseillais.

Suivez la couverture complète

La France en proie au narcotrafic

Le procès sous haute sécurité de six accusés, dont trois leaders présumés de la DZ Mafia, pour un double assassinat en 2019 dans un contexte de rivalités entre narcotrafiquants marseillais s’ouvre à 14h à Aix-en-Provence.

« Ce procès a une dimension rarement atteinte qui traduit ce qu’est la criminalité organisée et sa prise en compte par l’État, y compris en termes de sécurisation des biens et des personnes », résume le procureur général de la cour d’appel d’Aix, Franck Rastoul.

Un très important dispositif de sécurité entourera le procès, des préparatifs d’une « action violente » en lien avec au moins un des accusés, ayant été découverts tout récemment, selon le ministre de l’Intérieur.

Une victime collatérale

Les faits jugés remontent au 30 août 2019 alors que la dénomination DZ Mafia n’existe pas encore : une femme de ménage d’un hôtel Formule 1 proche de Marseille découvre les corps de deux hommes exécutés par balle.

L’un d’eux est Farid Tir, 29 ans, sorti de prison un an plus tôt. Son identité avalise l’hypothèse du règlement de comptes. La seconde victime, Mohamed Benjaghlouli, 29 ans, ami d’enfance du premier, apparaît comme une victime collatérale.

« Fondu », « Gaby », « Mamine », « Tatoo »…

L’enquête de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille a permis d’esquisser les contours de l’organisation criminelle qui serait à l’origine de ces assassinats.

Acteur très impliqué à l’époque dans les guerres de territoires de la drogue selon la police judiciaire, Karim Harrat, 37 ans, est jugé pour meurtres en bande organisée. Il est soupçonné d’être, depuis Dubaï, le commanditaire, ce qu’il a toujours contesté. Il aurait été épaulé dans la traque par Walid Bara, 39 ans, alias « Fondu », en fuite depuis mai 2024, et sera jugé par défaut.

Selon l’enquête, les deux hommes qui se sont introduits dans l’hôtel pour commettre les faits seraient Zaineddine Ahamada, 29 ans, et Adrien Faure, 26 ans, ce qu’ils nient. Le premier est aujourd’hui considéré comme l’un des « meneurs incarcérés » de la DZ Mafia.

Selon le juge d’instruction, Gabriel Ory dit « Gaby » aurait eu le rôle de taupe. Il aurait notamment remis aux auteurs tireurs les codes de l’hôtel. Il aurait été mis en relation avec Farid Tir par l’entremise d’Amine Oualane, alors détenu. Ce dernier, surnommé « Mamine », comparaît pour cette mise en relation fatale.  Les deux hommes ont depuis été mis en examen dans plusieurs autres dossiers criminels liés à la DZ Mafia. Décrit par une source policière haut placée comme « ayant perdu toute influence », Karim Harrat n’a lui pas de lien a priori avec cette organisation criminelle. 

L’accusation repose en grande partie sur les déclarations des proches des victimes et sur les longues confessions d’un certain « Tatoo », un témoignage de « repenti » qui sera central lors des débats.  Le procès doit durer trois semaines pour un verdict attendu le 10 avril. 

A.S avec AFP

Share.
Exit mobile version