- La jalousie dans une fratrie est naturelle.
- Telle une alarme affective, elle traduit la peur (irrationnelle) de perdre l’attention des parents.
- Soutenir chaque enfant individuellement aide à rassurer
Trouver sa place dans une fratrie n’est jamais chose aisée. À partir d’un certain âge, il arrive qu’un enfant ressente de la jalousie envers un frère ou une sœur. Parfois, c’est l’enfant le plus âgé qui développe cette émotion. Dans d’autres cas, c’est le plus petit. D’après une étude réalisée par l’INSERM, 76% des enfants âgés entre 4 et 10 ans déclarent avoir déjà ressenti de la jalousie envers un frère ou une sœur.
Mais à chaque fois, derrière cette émotion irrationnelle, se cache la même chose : la peur de perdre l’attention et l’amour des parents. L’enfant jaloux peut développer de l’agressivité, partir dans des crises de larmes pour chercher l’attention. Cette émotion est irrationnelle, complexe, mais elle est naturelle. Pour le psychanalyste Christian Richomme, interrogé par Santé Magazine, la jalousie est « une alarme affective
« . Une manière de dire à ses parents « regarde-moi » ou « j’ai besoin de plus de temps avec vous ».
La jalousie d’un enfant n’est pas un caprice, mais un signal
L’enfant qui pense ne pas recevoir assez d’attention, de câlins ou de cadeaux ressent une sorte d’injustice et l’impression de ne pas être choisi par ses parents. Les crises de larmes ou les colères ne traduisent pas un caprice, mais un signal pour les parents. Cet état émotionnel peut être parfois difficile à gérer pour les parents, mais il est important de réagir de la bonne manière. Comment ? En ne cherchant pas à raisonner l’enfant, car ce dernier ne comprend pas encore la jalousie, surtout lorsqu’il est très jeune. Au contraire, il faut essayer de lui parler et de comprendre la frustration. Pour l’enfant, voir sa mère nourrir son petit frère ou sa petite sœur, et ne pas lui accorder de l’attention peut être une source de souffrance. Il est donc important de lui expliquer avec des mots simples pourquoi elle ne peut pas s’occuper de lui. La mère peut, par exemple, dire « je comprends que tu as besoin de moi, mais je suis occupée avec ton frère ou ta sœur, j’arrive dès que j’aurai terminé ». Les parents peuvent aussi nommer les émotions de l’enfant jaloux, sans jugement et valider l’émotion ressentie : « je vois que tu es triste », « je comprends que c’est difficile pour toi ». Le but est de décrypter les situations où l’enfant ressent de la jalousie tout en lui expliquant que les comportements agressifs ne sont pas acceptables.
Par ailleurs, les parents doivent également éviter les comparaisons qui alimentent la rivalité entre les enfants. Les experts conseillent aussi de passer du temps individuellement avec chaque enfant et de consacrer des activités uniques pour l’enfant. « Si on a l’impression de passer plus de temps avec l’un de ses enfants, il faut veiller à rééquilibrer cela
« , souligne Roxane Fontaine, psychologue et journaliste, dans 20 Minutes. Cela rassure l’enfant et crée un lien d’intimité, là aussi, unique. Certains parents essaient d’agir de la même manière avec chacun de leurs enfants, pour créer une égalité. Ce n’est pas une bonne idée, dans la mesure où chaque enfant a des besoins et des envies différents. « Les enfants ont besoin d’être aimés individuellement, de se sentir uniques dans les yeux de leurs parents. On en revient toujours à la notion d’unicité, de la nécessité pour les enfants que leurs parents mettent en valeur leurs singularités, même si ce n’est pas facile tous les jours
« , conclut la psychologue.












