- Muath J., 28 ans, avait agressé en juin dernier le rabbin Elie Lemmel, attablé à une terrasse de Neuilly-sur-Seine, en le frappant au visage avec une chaise.
- Il a été condamné ce jeudi à 30 mois de prison, dont 12 avec sursis, par le tribunal correctionnel de Nanterre.
- Ce dernier a toutefois estimé que son discernement avait été altéré.
Un acte « d’une violence antisémite »
, « sans l’ombre d’un doute juridique »
. Un ressortissant palestinien a été condamné jeudi 22 janvier à une peine de 30 mois de prison, dont 12 avec sursis, par le tribunal correctionnel de Nanterre pour avoir agressé un rabbin (nouvelle fenêtre) à coups de chaise en juin 2025. L’altération de son discernement a été retenue dans ce jugement.
« Le tribunal correctionnel a considéré sans l’ombre d’un doute juridique que vous aviez été victime d’une violence commise par une arme par destination et
d’une violence antisémite
(nouvelle fenêtre)«
, a déclaré le président devant la victime, le rabbin Elie Lemmel. Le box des accusés était quant à lui vide : Muath J. a refusé de quitter la maison d’arrêt de Nanterre, où il avait été placé en détention provisoire.
Un procès à « dimension pédagogique »
Le 6 juin 2025, ce Palestinien de 28 ans s’était emparé d’une chaise et a porté un coup au visage du religieux de 64 ans (nouvelle fenêtre), installé à la terrasse d’un café à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Cette agression lui a valu quatre jours d’incapacité de travail (ITT).
« J’ai réalisé que je venais de vivre une agression au moment où j’ai entendu une personne crier
arrêtez-le !«
, a témoigné à la barre Elie Lemmel. « Ce qui est important dans ce procès, c’est qu’il y ait une dimension pédagogique »
, a-t-il aussi souligné, expliquant qu’il avait déjà été agressé quelques jours auparavant à Deauville (Calvados) par un autre homme (nouvelle fenêtre).
Le président du tribunal a retenu l’altération du discernement de Muath J. qui, quelques heures après avoir été interpellé, avait vu sa garde à vue levée afin d’être hospitalisé sous contrainte pour recevoir des soins psychiatriques. « On peut penser que, s’il n’avait eu au moment des faits aucun trouble psychique, les psychiatres l’auraient décelé et l’auraient remis bien plus vite en liberté »
, a-t-il justifié.
« Contradiction frontale » entre deux expertises psychiatriques
Devant les enquêteurs, Muath J. avait évoqué des voix pour expliquer son comportement et affirmé ne pas avoir prémédité son geste. Pendant l’enquête, il a fait l’objet de deux expertises psychiatriques qui sont d’une « contradiction frontale »
, selon les mots du président.
La première, réalisée lors de la garde à vue, a conclu à son irresponsabilité pénale, évoquant une « maladie hallucinatoire »
ayant aboli son discernement. La seconde, jugée plus approfondie par le parquet, a rejeté l’hypothèse d’une abolition ou même d’une altération de son discernement, sans écarter l’existence d’un trouble psychique. L’avocat du prévenu, François Mevel, avait demandé au tribunal de ne pas balayer le premier examen médical. « La place de (mon client) est dans un hôpital psychiatrique »
, a-t-il plaidé.
Le tribunal a également assorti la peine de prison d’une interdiction du territoire français pendant dix ans. Muath J. a en outre été condamné à verser 3.000 euros de dommages et intérêts à M. Lemmel et 1.000 euros à l’Organisation juive européenne (nouvelle fenêtre) (OJE), également partie civile.
Le président a par ailleurs rappelé que l’accusé avait déjà agressé à coup de chaise le gérant d’un restaurant en Allemagne quelques jours avant l’agression de Neuilly. Il n’y a pas eu de décision judiciaire allemande concernant cette agression, dont on ne connaît pas les motivations.




