Avec notre correspondant en Afrique du Sud, Valentin Hugues
Si le Kenya a appelé ses ressortissants vivant en Afrique du Sud à la plus grande prudence face aux manifestations xénophobes, lors de sa visite à Pretoria, le président kényan William Ruto a préféré aborder les causes profondes de la migration intra-africaine.
« Je pense qu’une partie du défi auquel l’Afrique du Sud est confrontée tient au fait qu’il s’agit d’un pays bien plus développé. Il est donc plus facile pour certains de venir ici à la recherche de services et d’opportunités. La solution consiste à veiller à ce que des services et des opportunités existent partout sur notre continent, afin que les habitants de ce continent puissent évoluer ensemble sans créer de conflits inutiles ».
Le week-end dernier, au moins deux Mozambicains ont été tués dans ce contexte de grandes marches anti-immigrations à travers l’Afrique du Sud, qui parfois se transforment en chasse aux étrangers. Des centaines de Ghanéens ont déjà fui le pays, le Nigeria ou encore le Malawi annoncent aussi le rapatriement de certains ressortissants. Mais aux côtés de son homologue kényan, le président sud-africain Cyril Ramaphosa fait le choix de temporiser. « Les Sud-Africains ne sont pas xénophobes. Notre peuple nous demande, en tant que dirigeants, de résoudre les nombreux défis soulevés par la question de la migration ».
Le chef de l’État sud-africain a également annoncé l’envoi de délégations dans les pays voisins pour échanger sur la question migratoire.
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