jeudi, janvier 22
L’élu républicain James Comer, président de la commission de contrôle de la Chambre des représentants, mercredi 21 janvier 2026.

Une commission du Congrès américain a voté, mercredi 21 janvier, pour lancer une procédure contre Bill et Hillary Clinton. Tous deux sont accusés d’entrave au Congrès pour avoir refusé de se présenter à une audition dans le cadre d’une enquête parlementaire sur l’affaire Epstein.

« Aucun témoin, qu’il soit ancien président ou simple citoyen, ne peut délibérément mépriser une assignation à comparaître proprement émise par le Congrès sans conséquence », a déclaré l’élu républicain James Comer, chef de cette puissante commission de la Chambre. « Les Clinton doivent rendre des comptes pour leurs actes », a-t-il ajouté en amont du vote qui a recueilli des voix républicaines comme démocrates.

Un scrutin doit désormais avoir lieu à la Chambre des représentants dans son ensemble pour approuver ou non des recommandations de poursuites judiciaires contre le couple Clinton. Une procédure pour formellement les inculper devra ensuite être lancée par le ministère de la justice, avec à sa tête Pam Bondi, une fidèle de Donald Trump. Bill et Hillary Clinton encourraient alors jusqu’à douze mois de prison.

L’ex-président démocrate (1993-2001) et son épouse, l’ancienne cheffe de la diplomatie des Etats-Unis et candidate à la présidentielle de 2016, avaient été convoqués la semaine dernière pour des auditions séparées sur leurs liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.

Refus de comparaître et tensions politiques

Dans une lettre au ton acerbe, le couple avait annoncé son refus de se présenter aux auditions. « Chaque personne doit décider quand ‍elle en a assez et est prête à se battre ​pour ce pays, ses principes et son peuple, quels qu’en soient les risques », ont écrit les Clinton. Dans la lettre publiée sur les réseaux sociaux par Hillary Clinton, le couple affirme avoir tenté de fournir ​les « rares informations » dont il dispose pour aider à l’enquête et accuse Comer de détourner ‍l’attention des échecs de l’administration Trump. « Nous l’avons fait parce que les crimes de M. Epstein étaient horribles. Si le gouvernement n’a pas tout mis en œuvre pour enquêter ​et poursuivre ces crimes, pour quelque ‍raison que ce soit, cela devrait être le cœur de votre travail (…). Rien n’indique ​que vous le fassiez », écrivent-ils. « Il n’existe aucune explication plausible à ce que vous faites, hormis la politique ‌partisane », ajoutent-ils

Pour James Comer, en revanche, le couple n’a pas fait preuve « de coopération mais de défiance, marquée par des retards répétés, des excuses, et des obstacles ».

Lors de la réunion de la commission, le responsable républicain a en parallèle annoncé que Ghislaine Maxwell, complice de Jeffrey Epstein, serait entendue le 9 février par la commission. L’ancienne mondaine, qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour exploitation sexuelle, usera cependant de son droit à garder le silence, a ajouté James Comer, citant les avocats de Ghislaine Maxwell.

Figure de la jet-set new-yorkaise, Jeffrey Epstein est accusé d’avoir exploité sexuellement plus de mille jeunes femmes, dont des mineures. Il avait été retrouvé pendu dans sa cellule de New York en 2019 avant son procès pour crimes sexuels. Sa mort a alimenté d’innombrables théories du complot selon lesquelles il aurait été assassiné pour protéger des personnalités de premier plan.

Lire aussi | Affaire Epstein : l’ancien président américain Bill Clinton, mis en cause, ne s’est pas présenté à son audition au Congrès

Transparence contestée autour du dossier Epstein

Pendant sa campagne de 2024, Donald Trump s’était dit d’accord pour rendre le dossier public. Mais le républicain rechigne depuis son retour au pouvoir à le publier et se voit accusé jusque chez ses partisans d’un manque de transparence.

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En août, au moment où les accusations de manque de transparence fusaient contre le gouvernement Trump, le couple Clinton avait été assigné à comparaître devant le Congrès. Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises à bord du jet privé du financier et a été photographié de nombreuses fois en sa compagnie, avait affirmé en 2019 n’avoir pas parlé à Jeffrey Epstein depuis plus d’une décennie. L’ex-président a également toujours démenti avoir eu connaissance de ses crimes.

Donald Trump, un temps proche lui aussi du financier, a également toujours nié avoir eu connaissance de son comportement criminel et assure avoir rompu avec lui bien avant ses soucis judiciaires.

Fin décembre, après des mois d’atermoiements, son gouvernement a commencé à publier des milliers de photos, vidéos et textes sur le riche financier.

Mais l’ensemble du dossier n’a pas encore été rendu public comme l’exigeait pourtant une loi promulguée en novembre, et de nombreux fichiers publiés ont été largement caviardés.

« Il est honteux, illégal, et inconstitutionnel que le ministère de la justice n’ait publié que 1 % de tous les documents », a dénoncé mercredi l’élu démocrate Robert Garcia, lors de la réunion de la commission de la Chambre.

Lire aussi | Des victimes de Jeffrey Epstein et des élus dénoncent la publication partielle du dossier par l’administration Trump

Le Monde avec AFP

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