Avec l’ex-prince Andrew, il s’agit d’une des principales figures britanniques déchues dans le cadre de l’affaire Epstein. Peter Mandelson, ex-ambassadeur britannique aux États-Unis limogé pour ses liens avec Jeffrey Epstein, a quitté ce dimanche 1er février le parti travailliste britannique, dont il était une figure historique, après de nouvelles révélations sur sa relation avec le criminel sexuel américain.
L’ancien ministre aurait à plusieurs reprises reçu de l’argent d’Epstein au début des années 2000, selon des documents publiés vendredi par le ministère américain de la Justice.
« Des allégations que je crois fausses, selon lesquelles (Jeffrey Epstein) m’aurait versé de l’argent il y a vingt ans – et dont je n’ai ni trace, ni souvenir, nécessitent une enquête de ma part », a-t-il écrit dans une lettre adressée à Hollie Ridley, secrétaire générale du Labour.
Il apparaît aussi sur de nouvelles photos non-datées, en tee-shirt et caleçon à côté d’une femme. Il avait dit dimanche matin ne « pas parvenir à situer le lieu, ni à identifier la femme ».
Ambassadeur pendant sept mois
Peter Mandelson, ancien ministre et commissaire européen, figure incontournable de la politique britannique dans les années 1990 et 2000, ne sera resté ambassadeur britannique aux États-Unis que sept mois. Il a été limogé en septembre en raison de ses liens avec le délinquant sexuel et financier américain Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019 avant d’avoir été jugé.
Ce dernier était son « meilleur ami », lui avait écrit Peter Mandelson en 2003. En 2008, il lui avait envoyé des emails de soutien alors que Jeffrey Epstein était poursuivi en Floride (sud-est des États-Unis) pour trafic de mineures.
Pour se défendre, Peter Mandelson a notamment mis en avant son homosexualité. « Peut-être est-ce parce que je suis gay (…) Avec mon partenaire de l’époque, qui est aujourd’hui mon mari, nous n’avons jamais vu la moindre preuve (…) de cette activité » criminelle, a-t-il dit en septembre, la veille de son limogeage.
Figure du parti travailliste
Dans les années 1990, Peter Mandelson a été l’un des architectes du « New Labour » de centre gauche de l’ex-Premier ministre Tony Blair (1997-2007). Élu député pour la première fois en 1992, Peter Mandelson a été son directeur de campagne aux élections de 1997. A l’époque, son influence est telle qu’il est surnommé le « prince des ténèbres » dans la presse.
Déjà à l’époque, il a dû à deux reprises quitter des fonctions officielles. La première fois en 1998, alors ministre du Commerce de Tony Blair, pour ne pas avoir déclaré un prêt immobilier obtenu d’un collègue, et la deuxième fois en 2001, alors qu’il est ministre pour l’Irlande du Nord, après avoir été accusé d’avoir facilité la demande de passeport d’un milliardaire indien – ce dont il sera finalement disculpé dans une enquête requise par le Premier ministre.
Réélu aux législatives de 2001, il déclare dans son discours de victoire: « Ils m’ont sous-estimé parce que je suis un battant et que je n’abandonne jamais ». En 2004, cet Européen convaincu devient commissaire européen au Commerce, succédant au Français Pascal Lamy.
Retour au gouvernement en 2008
Il a fait un retour surprise dans la politique britannique en 2008: il devient Lord, puis revient au gouvernement en tant que ministre des Entreprises et de l’Innovation de Gordon Brown (Premier ministre de 2007 à 2010). Une nouvelle fois, son vaste réseau ne fait pas l’unanimité: la même année, il est critiqué pour ses liens avec un oligarque russe, Oleg Deripaska.
En 2016, il fait campagne pour rester dans l’Union européenne. Quand le Brexit l’emporte, il plaide pour un deuxième référendum.
Sa connaissance approfondie du commerce international a probablement joué un rôle important dans la décision de Keir Starmer de le nommer ambassadeur, compte tenu de la volonté du président américain Donald Trump d’imposer des droits de douane sur les produits importés. Le Royaume-Uni a été mieux traité que d’autres pays, avec des taxes douanières de 10% sur la plupart des produits.
Si en 2018 Peter Mandelson avait qualifié Donald Trump de « tyran », il a réussi à charmer le président américain, avec lequel il a régulièrement posé dans le bureau ovale pendant ses sept mois à Washington.
Keir Starmer, a ordonné une enquête « urgente » sur les contacts entre Jeffrey Epstein et Peter Mandelson lorsque ce dernier était membre du gouvernement après les nouveaux éléments mis au jour ce week-end, selon la BBC.
Article original publié sur BFMTV.com




