samedi, janvier 31

  • Le ministère de la Justice américain a publié vendredi plus de trois millions de documents supplémentaires concernant Jeffrey Epstein.
  • On y trouve notamment un brouillon de courrier électronique évoquant des relations extraconjugales de Bill Gates, ainsi que de nouveaux échanges avec le prince Andrew, qui invitait le milliardaire à Buckingham.

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L’affaire Epstein éclabousse Donald Trump et son administration

Des millions de nouveaux documents ont été publiés. Le ministère américain de la Justice a entrepris vendredi 30 janvier la publication d’une masse de documents supplémentaires concernant Jeffrey Epstein. « Aujourd’hui, nous publions plus de trois millions de pages, dont plus de 2.000 vidéos et plus de 180.000 images », a déclaré le numéro deux du ministère de la Justice, Todd Blanche, lors d’une conférence de presse.

Ancien avocat personnel de Donald Trump, proche de Jeffrey Epstein quand les deux hommes évoluaient au sein de la jet-set à New York et en Floride dans les années 1990, il a nié toute implication de la Maison Blanche dans ce processus. « Nous nous sommes conformés à la loi et nous n’avons pas protégé le président Trump ni protégé ou omis de protéger qui que ce soit », a assuré Todd Blanche. « Comme nous l’avons dit en juillet, si nous, au ministère de la Justice, avions des informations sur des hommes qui ont exploité sexuellement des femmes, nous les inculperions », a-t-il assuré. « Mais je ne pense pas que la population, ou vous, en découvrirez dans les documents Epstein, hélas », a-t-il ajouté.

Des victimes présumées de Jeffrey Epstein ont affirmé vendredi dans un communiqué que les derniers documents publiés « exposaient » les femmes exploitées « tandis que les hommes qui nous ont abusées restent cachés et protégés ».

La publication d’aujourd’hui marque la fin d’un processus très approfondi de recensement et d’analyse de documents

Todd Blanche

Au total, près de 3,5 millions de pages ont été publiées par le gouvernement depuis décembre sous la contrainte d’une loi, a révélé Todd Blanche. « La publication d’aujourd’hui marque la fin d’un processus très approfondi de recensement et d’analyse de documents pour garantir la transparence au peuple américain et le respect de la loi », a-t-il souligné en lisant une lettre au Congrès. Une fois son rapport remis au Congrès et les justifications des caviardages des documents publiées au Journal officiel, « le ministère aura rempli ses obligations fixées par la loi », selon cette lettre signée par la ministre, Pam Bondi, et M. Blanche.

Les publications précédentes ont surtout éclairé le réseau spectaculaire de Jeffrey Epstein, richissime financier retrouvé pendu dans sa cellule en 2019 à New York avant de devoir être jugé pour avoir monté un système d’exploitation sexuelle de jeunes filles mineures.

Une rencontre avec l’ex-prince Andrew à Buckingham ?

Un brouillon de courrier électronique de Jeffrey Epstein diffusé vendredi évoque des relations extraconjugales de Bill Gates, dont le divorce avec son épouse Melinda avait notamment été motivé par ses relations avec le financier américain. La Fondation Gates a démenti dans un communiqué aux médias « des accusations absolument absurdes provenant d’un menteur patenté ».

Un échange datant de fin septembre 2010 met en lumière, lui, les liens entre Jeffrey Epstein et l’ex-prince Andrew, qui invitait alors le premier à Buckingham Palace, sans que les documents ne précisent si les deux hommes se sont vraiment rencontrés à cette occasion. Le financier avait été libéré le mois précédent de son assignation à résidence après une condamnation pour prostitution de mineure. Dans un autre mail datant de cette période, Epstein propose à Andrew de lui présenter une jeune femme russe de 26 ans, « une amie avec qui vous pourriez aimer dîner », qu’il décrit comme belle et intelligente. Rien n’indique qu’une rencontre a eu lieu in fine.

Les nouveaux documents diffusés contiennent une liste établie par la police fédérale américaine (FBI) d’allégations d’agressions sexuelles liées à Donald Trump, dont beaucoup provenaient d’appels anonymes et d’informations non vérifiées. « Certains des documents contiennent des allégations mensongères et sensationnalistes à l’encontre du président Trump », écrit le ministère de la Justice. « Ces allégations sont infondées et fausses. » Donald Trump reconnaît avoir fréquenté Epstein à l’époque mais assure avoir rompu avec lui avant qu’il ne soit inquiété par la justice.

Le ministère de la Justice a justifié la diffusion au compte-gouttes et le caviardage de nombreux documents, autorisé sous conditions par la loi, par la nécessité de protéger les victimes.

Parmi les documents publiés en décembre, des photos de l’ancien président démocrate Bill Clinton en compagnie de Jeffrey Epstein ou de femmes aux visages dissimulés avaient en particulier retenu l’attention. Bill Clinton a également toujours nié avoir eu connaissance des crimes du financier.

J.F. avec AFP

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