lundi, février 9
Mona Juul

L’ambassadrice norvégienne en Jordanie Mona Juul, qui avait joué un rôle important pour tenter de résoudre le conflit israélo-palestinien, a démissionné, a annoncé dimanche 8 février le ministère norvégien des affaires étrangères, après le lancement d’une enquête sur ses liens présumés avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.

« C’est une décision correcte et nécessaire… Les contacts de Juul avec l’auteur de crimes sexuels condamné Epstein ont montré une grave erreur de jugement », a déclaré le ministre des affaires étrangères Espen Barth Eide, soulignant que cette décision avait été prise après des discussions avec le ministère des affaires étrangères.

Mme Juul, qui a joué un rôle important dans les négociations israélo-palestiniennes secrètes qui ont débouché sur les accords d’Oslo au début des années 1990, fait partie des personnalités norvégiennes dont les noms apparaissent dans les nouveaux documents de l’affaire Epstein diffusés par la justice américaine. Elle a été provisoirement relevée lundi de ses fonctions, le temps d’enquêter sur ses liens supposés avec Epstein.

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Selon les médias norvégiens, Jeffrey Epstein, qui s’est suicidé en prison en 2019, a légué une somme de 10 millions de dollars aux deux enfants de Mme Juul et de son mari, le diplomate Terje Rod-Larsen, qui avait lui aussi participé aux négociations des accords d’Oslo. Selon M. Eide, le ministère continuera à avoir des discussions avec Mme Juul dans le cadre d’une enquête en cours devant déterminer l’étendue de leurs transactions.

S’exprimant au nom de sa cliente, l’avocat Thomas Skjelbred a déclaré dans un communiqué que Mme Juul avait démissionné « car la situation dans laquelle elle se trouve l’empêche d’exercer ses fonctions de manière responsable », et constitue une « énorme source de stress pour elle et sa famille ».

Les milieux politiques et royaux norvégiens ont été plongés dans la tourmente Epstein, notamment le PDG du Forum économique mondial, Borge Brende, et l’ancien premier ministre Thorbjorn Jagland (1996-1997) qui fait l’objet d’une enquête pour « corruption aggravée ».

La princesse héritière Mette-Marit, qui apparaît à de multiples reprises dans les millions de pages diffusées par le ministère américain de la Justice, a déclaré vendredi « regretter profondément » son « amitié » avec le criminel sexuel américain.

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Le Monde avec AFP

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