mercredi, février 4

  • Vendredi, le ministère de la Justice américain a publié près de trois millions de nouveaux documents concernant l’affaire Epstein.
  • Une immense masse de nouveaux documents qui éclabousse des personnalités du monde entier.
  • Du Royaume-Uni à la Pologne, TF1info récapitule.

Suivez la couverture complète

Trump, Clinton, Prince Andrew, Musk… L’affaire Epstein éclabousse des personnalités du monde entier

Une affaire tentaculaire. Les quelque trois millions de nouveaux documents (nouvelle fenêtre)publiés par la justice américaine au sujet de Jeffrey Epstein révèlent à quel point ce dossier comporte de nombreuses ramifications, qui traversent largement l’océan Atlantique, pour toucher de nombreux pays européens. Si la simple mention d’un nom ne suppose, à elle seule, aucun acte répréhensible, plusieurs nouvelles personnalités ont été obligées de démissionner. Du monde de la royauté en Norvège à celui de la diplomatie en Slovaquie, on revient sur ce séisme quasi-planétaire. 

Au Royaume-Uni, des photos très compromettantes

À commencer par le Royaume-Uni et la figure du prince déchu Andrew (nouvelle fenêtre). Embourbé dans le scandale depuis ses débuts, la publication de nouveaux emails le montre dans des positions plus que compromettantes. On le voit agenouillé, penché au-dessus d’une femme allongée. Une deuxième victime (nouvelle fenêtre) a également affirmé que le criminel sexuel américain l’avait envoyée au Royaume-Uni pour avoir des relations sexuelles avec Andrew. Une accusation qui intervient plus de dix ans après celle de Virginia Giuffre (nouvelle fenêtre). Principale plaignante dans le dossier, elle a mis fin à ses jours en avril dernier.

De quoi faire encore monter la pression sur le prince. Et son ex-épouse. Dans une série de mails, Sarah Ferguson (nouvelle fenêtre)s’adresse à Jeffrey Epstein comme à un « frère ». « Je n’ai vraiment pas les mots pour décrire mon amour et ma gratitude pour ta générosité et ta gentillesse », écrit-elle au prédateur en janvier 2010. « Je suis à ton service. Épouse-moi », ajoute l’ancienne duchesse d’York, divorcée du prince Andrew en 1996 mais dont elle est restée très proche. Des messages qui ont tous été envoyés après la première condamnation de l’homme d’affaires. Preuve de l’étendue de l’amitié du couple avec le pédocriminel. 

Mais le monde de la royauté n’est pas le seul concerné. Le parti travailliste est, lui aussi, éclaboussé. Dimanche 1ᵉʳ février, Peter Mandelson, figure historique du parti, a dû démissionner de ses fonctions. Il faut dire qu’entre des conseils envoyés à Jeffrey Epstein pour obtenir une réduction d’impôt, des relevés bancaires prouvant qu’il a reçu 75.000 livres sterling (86.775 euros) du milliardaire et une photo le montrant en caleçon aux côtés d’une femme en peignoir, les derniers documents constituent un réel coup de grâce. 

Plus politique encore, celui qui fut ministre du Commerce sous Tony Blair a transféré une note d’information économique concernant le gouvernement au financier américain. L’actuel Premier ministre britannique a donc ordonné lundi un « examen » complet des liens qu’entretenait l’ancien commissaire européen de 72 ans avec Jeffrey Epstein. (nouvelle fenêtre) La police londonienne a quant à elle annoncé le lendemain avoir « ouvert une enquête pour manquements à l’intégrité dans l’exercice de fonctions publiques ».

La royauté secouée en Norvège

Le nom de Mette-Marit apparaît au moins un millier de fois. Et les SMS analysés par la presse norvégienne attestent d’une forme de complicité entre la princesse (nouvelle fenêtre)et Jeffrey Epstein. Ainsi, en 2012, tandis que le milliardaire dit être à Paris « en quête d’une épouse », celle qui doit être la future reine de Norvège lui répond que la capitale française est « bien pour l’adultère » mais que « les Scandinaves (font) de meilleures femmes ». Une relation qui n’était pas qu’épistolaire. Les documents prouvent que la princesse s’est rendue plusieurs fois dans la propriété de Palm Beach, en Floride. En réaction à ces révélations, la princesse a admis avoir « commis une erreur de jugement ». « Je regrette profondément avoir eu le moindre contact avec Epstein. C’est tout simplement embarrassant », a-t-elle dit dans une déclaration transmise par le Palais royal à l’AFP.

Des échanges qui font l’effet d’une « douche froide » dans le pays, comme l’écrit la presse (nouvelle fenêtre)sur place. « Les documents mettent en évidence une infiltration profonde du réseau Epstein dans les cercles de pouvoir les plus influents d’Oslo, dont la figure centrale n’est autre que la princesse Mette-Marit. » Il faut dire qu’au-delà de la famille royale, c’est aussi le pouvoir politique qui est touché. Un ancien Premier ministre travailliste du pays, Thorbjorn Jagland, a rencontré plusieurs fois le milliardaire américain et passé des vacances avec sa famille dans sa résidence de Palm Beach, (nouvelle fenêtre) en 2014 et 2017. Idem pour le président du Forum économique mondial, Borge Brende. Ancien ministre des affaires étrangères de l’île scandinave, il a rencontré le banquier au moins trois fois, au cours de dîners organisés bien après les premières condamnations.

Démissions et suspicions à l’Est

Si aucune démission n’a eu lieu en Norvège, ce n’est pas le cas en Slovaquie, où l’homme considéré comme le diplomate le plus expérimenté a dû démissionner. L’ancien ministre des Affaires étrangères, Miroslav Lajcak, a été forcé de quitter son poste de conseiller du Premier ministre après la révélation de messages grivois échangés avec Jeffrey Epstein. Dans les textos, il évoque par exemple à plusieurs reprises les « filles incroyables » rencontrées lors d’un voyage en Russie et les « magnifiques » femmes en Ukraine. 

Affaire Epstein : un agent de mannequins français accusé d’agressions sexuellesSource : JT 20h Semaine

D’Epstein, il en est aussi question à Varsovie. Si aucune personnalité politique en Pologne n’est épinglée dans les dossiers, le Premier ministre s’inquiète des liens entre cette affaire tentaculaire et .. la Russie. Lors d’une réunion gouvernementale, Donald Tusk a demandé la mise en place d’une enquête sur l’implication des services secrets russes dans ce dossier. « De plus en plus d’indices, de plus en plus d’informations et de plus en plus de commentaires dans la presse internationale convergent vers la suspicion que ce scandale de pédophilie sans précédent ait été co-organisé par les services de renseignement russes », a déclaré le Premier ministre, cité par Reuters. 

Une situation d’autant plus inquiétante que l’ancien président du Conseil européen s’inquiète d’une menace de taille. Que Moscou « possède des informations compromettantes sur de nombreux dirigeants encore en activité aujourd’hui ». Une façon à peine voilée de reconnaître l’ampleur du scandale.

Felicia SIDERIS

Share.
Exit mobile version