
Le Rwanda a engagé des poursuites contre le Royaume-Uni pour avoir suspendu les paiements prévus dans le cadre d’un accord visant à accueillir des migrants expulsés, abandonné par Londres en 2024, a déclaré mardi 27 janvier un responsable rwandais à l’Agence France-Presse (AFP).
Le premier ministre britannique, Keir Starmer, a annulé ce plan, négocié par l’ancien chef du gouvernement Boris Johnson en 2022, lorsqu’il a pris ses fonctions en juillet 2024, le déclarant « mort et enterré ». Londres avait déjà versé 240 millions de livres (276 millions d’euros) à Kigali avant l’abandon de l’accord, et 50 millions de livres (57,5 millions d’euros) supplémentaires devaient être versés.
« Le Rwanda regrette d’avoir dû porter ces plaintes devant un tribunal arbitral, mais, face à l’intransigeance du Royaume-Uni sur ces questions, il n’avait pas d’autre choix », a déclaré à l’AFP Michael Butera, conseiller technique en chef du ministre de la justice. Kigali a cherché à engager un dialogue diplomatique avant de recourir à une action en justice, a assuré M. Butera. « Nous défendrons fermement notre position afin de protéger les contribuables britanniques », a réagi un porte-parole du premier ministre britannique.
Suspension de l’aide financière au Rwanda
L’année dernière, le Royaume-Uni a suspendu la majeure partie de son aide financière au Rwanda pour avoir soutenu l’offensive du groupe M23 en République démocratique du Congo. Kigali a riposté, qualifiant cette décision de « punitive ».
L’accord a fait l’objet d’une série de revers judiciaires, qui ont abouti en novembre 2023 à une décision de la Cour suprême britannique le jugeant illégal au regard du droit international.
L’immigration est une question politique de plus en plus centrale depuis que le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne en 2020, en grande partie sur la promesse de « reprendre le contrôle » de ses frontières.
Le Rwanda, pays qui compte un peu plus de 14 millions d’habitants, se présente comme l’une des nations les plus stables du continent africain et est salué pour ses infrastructures modernes. Néanmoins, les organisations de défense des droits humains accusent le président Paul Kagame, au pouvoir depuis vingt-cinq ans, de gouverner dans un climat de peur, étouffant la dissidence et la liberté d’expression.




