« L’enquête ne fait que débuter pour établir les circonstances précises de ces faits », annonce Jérôme Bourrier, procureur de la République de Perpignan en conférence de presse après l’accident mortel lors d’une séance de bouée tractée survenu au large de Saint-Cyprien, dans les Pyrénées-Orientales. Le procureur annonce également que des « vérifications relatives à la société qui avait en charge cette activité nautique » sont en cours.
Car la pratique d’activité nautique, dont la bouée tractée fait partie, est réglementée par la division 240 du règlement sur la sécurité des navires.
• Le pilote doit être relié à son bateau
C’est une des évolutions clés de l’arrêté du 11 octobre 2024 qui apporte des précisions à la division 240. « Le port du coupe-circuit est obligatoire pour le pilote à bord des bateaux à moteur. […] Il fonctionne comme un interrupteur qui coupe l’alimentation électrique du moteur en cas d’urgence », indique le ministère chargé de la Mer et de la Pêche sur son site internet dédié à l’évolution de la division 240. Cette installation doit « être reliée au poignet, à la jambe ou à l’équipement de flottabilité du conducteur lorsque le moteur est allumé ».
C’est d’ailleurs ce coupe-circuit qui est au cœur du début de l’enquête dans l’accident de Saint-Cyprien. « Le coupe-circuit de ce bateau n’était pas clampé sur le pilote de sorte que le bateau a continué sa course en faisant des ronds. C’est de cette manière-là qu’il a percutée des victimes », a précisé le procureur de la République de Perpignan.
• Il doit y avoir au moins deux personnes sur le bateau
Deux personnes minimum doivent se trouver à bord du bateau. Il doit y avoir le pilote détenteur d’un titre de conduite pour un moteur de plus de 6CV. Une personne qui surveille les personnes tractées doit également être à bord.
Cette dernière doit toujours regarder vers l’arrière et doit, au moins, être titulaire du brevet de surveillant de baignade.
• On ne peut pas faire de la bouée tractée partout
Aussi, les entreprises ne peuvent pas proposer de bouées tractées partout. À moins de 300 mètres du rivage, il est interdit de tracter un engin ou une personne. Les bateaux doivent garder « une vitesse inférieure à 5 nœuds (10km/h) » dans ces chenaux. Au-delà, il est possible de profiter de l’activité et d’augmenter la vitesse, précise la page dédiée aux règles de sécurité pour les loisirs en mer, sur le site internet du ministère chargé de la Mer et de la Pêche.
• Les passagers doivent porter un gilet de sauvetage
Ceux qui décident de faire de la bouée tractée doivent s’astreindre à respecter quelques règles. Par exemple, ils doivent porter « un équipement individuel de flottabilité » ou plus concrètement un gilet de sauvetage, indique le ministère chargé de la Mer et de la Pêche. « Il doit être adapté à la morphologie des utilisateurs, et le chef de bord doit veiller à ce que chaque personne embarquée en soit munie. » Ces gilets doivent également être porteurs du marquage « CE » ou « barre à roue ».
Ils sont souvent de couleur vive pour être visible même de loin, tout comme la bouée. Le nombre de personnes présentes sur la bouée est déterminé en fonction du poids maximal pouvant être accueilli.
• Connaître les éléments de sécurité
Le ministère de la Mer recommande aux usagers de vérifier quelques éléments avant de faire la sortie. Parmi eux, la météo, le matériel, les baïnes ou encore les numéros d’urgence. Pour rappel, sur le littoral, il faut joindre le 196. En mer, il faut contacter le canal 16 de la VHF qui est en lien avec le Cross. « La VHF est toujours préférable au téléphone portable car elle permet une localisation rapide des secours. »
Article original publié sur BFMTV.com



