
On ne connaît généralement des six opéras d’Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) que Die tote Stadt (« la ville morte », 1920), monté pour la première fois en version scénique française à l’Opéra du Rhin en 2001. Cette même scène strasbourgeoise qui, vingt-cinq ans plus tard, propose, jusqu’au dimanche 1er février, la première française du Miracle d’Héliane (Das Wunder der Heliane), un siècle après sa création le 7 octobre 1927 au Stadttheater de Hambourg. Un enregistrement chez Decca dans la collection « Entartete Musik » (« musique dégénérée ») en 1993, le DVD de la mise en scène par Christof Loy en 2019 (parution chez Naxos), quelques productions scéniques : ce spectacle, étrenné en 2023 aux Pays-Bas par la compagnie Nederlandse Reisopera, comble un vide dont le mélomane peut mesurer l’importance au fur et à mesure qu’il découvre la partition.
Comparé à Mozart pour son étonnante précocité et sa virtuosité pianistique, Korngold le sera jusque dans les rapports qu’il entretient avec son père, l’éminent critique musical de la Neue Freie Presse. Dès l’enfance, il a recueilli les encouragements admiratifs de Gustav Mahler (1860-1911), qui le recommande aux bons soins pédagogues du compositeur Zemlinsky, avant d’être littéralement encensé par un Richard Strauss louant le musicien si prometteur, auteur à 12 ans de la pantomime Der Schneemann (« le bonhomme de neige »).
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