Une femme s’approche d’un local à déchets, attrape un sac-poubelle déjà rempli, le vide au sol et repart avec le sac. La scène, filmée à Séoul, peut sembler absurde. Elle illustre pourtant une inquiétude bien réelle qui gagne la Corée du Sud ces derniers jours, comme le rapporte le Korea Herald.
Dans le pays, les sacs-poubelle sont devenus difficiles à trouver dans certains points de vente. En quelques jours, la demande a fortement augmenté. Mais pourquoi une telle ruée sur ce produit du quotidien ?
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Une crainte de pénurie liée aux tensions au Moyen-Orient et à leurs conséquences sur le pétrole, matière première essentielle à la fabrication du plastique, gagne les habitants. En Corée du Sud, il est interdit d’utiliser n’importe quel sac pour jeter ses déchets. Seuls des sacs officiels, vendus par les autorités locales, sont autorisés. Leur achat inclut directement le coût du traitement des déchets. Sans ces sacs, impossible de se débarrasser de ses ordures sous peine d’amende.
Rien que dans la capitale de Séoul, les ventes ont été multipliées par cinq fin mars, selon la municipalité. Certaines grandes chaînes de supérettes ont enregistré des hausses de plus de 200 % sur une semaine. Face à cet afflux, plusieurs enseignes ont commencé à rationner les ventes pour éviter les ruptures.
Dans le même temps, les perturbations sur le marché pétrolier alimentent les inquiétudes. La guerre au Moyen-Orient et les tensions autour du détroit d’Ormuz font craindre des difficultés d’approvisionnement en naphta, un dérivé du pétrole utilisé pour produire du plastique. Le gouvernement sud-coréen a d’ailleurs restreint certaines exportations pour sécuriser ses stocks.
À ce stade pourtant, aucune pénurie n’est constatée. Les autorités assurent que le pays dispose de plusieurs mois de réserves et qu’il peut produire suffisamment grâce à des matériaux recyclés. À Séoul, la municipalité évoque même un stock équivalent à quatre mois de consommation.
Comme souvent en période d’incertitude, la crainte de manquer déclenche des comportements d’anticipation, voire de stockage excessif. C’était par exemple le cas pendant la pandémie du Coronavirus, en 2020, avec le papier toilette.
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