
Du carton posé dans un coin du hangar, Ludovic Detcheverry extrait un bocal de chair de homard, frappé du logo rouge et noir de la coopérative 47°Nord. A Miquelon, l’avenir tient, pour le pêcheur, dans ces petits pots de 135 grammes. Mais dans le froid glacial qui frappe Saint-Pierre-et-Miquelon, archipel français de l’Atlantique Nord, en cette fin janvier, les lieux restent aussi silencieux que les alentours enneigés du village de 600 habitants. La coopérative n’en est qu’aux tout débuts. Crabe des neiges et homard, « j’ai bien l’espoir de voir l’atelier enfin structuré cette année et d’obtenir les agréments, explique son directeur. Pour nous, en 2026, ça passe ou ça casse ».
A ses côtés, regard clair tourné vers le port au-dehors et mains calées dans la chaleur de ses poches, Raphaël Gaspard soupèse cette promesse de jours meilleurs pour Miquelon, qui se vide de ses habitants. Six artisans portent 47°Nord à bout de bras, « en plus de [leurs] journées de pêche », souligne-t-il. « Notre saison est tributaire du Canada, qui fixe les prix, et il faut déjà qu’on sauve nos entreprises. Après, nous voulons devenir plus maîtres de notre destin. »
Il vous reste 89.44% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




