vendredi, janvier 16
Devant la ibrairie Violette and Co, à Paris, le 9 février 2024.

La librairie féministe et lesbienne parisienne Violette and Co a été perquisitionnée en vue de saisir un cahier de coloriage pour enfants accusé de remettre en cause l’existence d’Israël, a appris l’Agence France-Presse (AFP), vendredi 16 janvier, auprès de son avocat qui dénonce une « opération illégale et disproportionnée ».

Le livre en question est intitulé From the River to the Sea (De la rivière à la mer), une formule née dans les années 1960 au sein de l’Organisation de libération de la Palestine et reprise aujourd’hui, notamment par le Hamas. Elle est interprétée par certains comme une volonté d’éradiquer l’Etat hébreu, par d’autres comme un soutien pacifiste à la cause palestinienne.

Le 7 janvier, la librairie LGBT+ du 11e arrondissement a été perquisitionnée par « cinq policiers en uniforme, accompagnés d’un procureur de la République » afin de saisir le cahier de coloriage, détaille Violette and Co dans un communiqué.

« Pendant 45 minutes, la librairie a fait l’objet d’une fouille méthodique : rayonnages inspectés, cartons de livres ouverts un à un, réserves et salle de pause fouillées » par « des policiers en uniforme, armes à la ceinture, filmant les lieux à l’aide de caméras-piétons », poursuit la librairie.

« Une perquisition illégale », selon l’avocat de la librairie

Si les policiers sont repartis les mains vides, les ouvrages ayant été vendus, la gérante est convoquée au commissariat le 22 janvier dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « importation (…) de publication destinée à la jeunesse comportant un contenu dangereux pour elle en raison de son caractère pornographique, illégal ou immoral », selon un document consulté par l’AFP. « C’est une perquisition illégale, parce qu’elle ne repose sur aucun fondement en droit, et qui est disproportionnée », dénonce Me Thibault Laforcade qui représente la librairie.

A l’origine de l’opération, un avis défavorable à l’importation du livre rendu en novembre 2025 par la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à la jeunesse. Selon cette instance, l’ouvrage édité par une société basée en Afrique du Sud « est susceptible d’inciter à la haine envers un groupe de personnes, à savoir la population israélienne ».

Mais selon Me Laforcade, cet avis n’a pas été rendu public et seul un arrêté du ministère de l’intérieur permet d’interdire le livre à la vente. Interrogé sur son contenu, il considère comme « faux de dire que c’est un appel à la destruction de l’Etat d’Israël ».

De son côté, la librairie féministe fustige des agissements pouvant relever d’une « police politique » et estime que cette perquisition s’inscrit « dans un contexte plus large d’attaques répétées (…) visant les librairies indépendantes ». La librairie Violette and Co a été victime de dégradations et de cyberharcèlement l’été dernier.

Lire aussi : A Paris, la librairie LGBTI+ Violette and Co va renaître

Le Monde avec AFP

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