mercredi, janvier 7

Neuf mois plus tard, Florence Rémond, femme solide et sérieuse, intendante de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais derrière l’Hôtel de ville de Paris, a encore dans la voix l’émotion qui palpite. La quinzaine de chanteurs de l’ensemble vocal I Zefiri abordait le Jubilate Deo de Giovanni Gabrieli (1557‐1612) lorsque, le 3 mai 2025, le bruit du verre se brisant en cascade sur les larges dalles a recouvert les chants.

Cet après-midi-là, autour de 16 heures, une violente averse de grêlons, comme on n’en avait point vu depuis des lustres, a traversé Paris, cassant branches d’arbres, tuiles, véhicules… Images d’apocalypse. Poussés par le vent d’ouest, les énormes œufs de glace n’ont pas épargné les églises, brisant les vitraux, particulièrement dans le centre de la capitale : Saint-Merri, Saint-Paul-Saint-Louis, Saint-Eustache, Saint-Germain-l’Auxerrois, Saint-Etienne-du-Mont, Saint-Nicolas-du-Chardonnet, Saint-Sulpice… Mais aussi Saint-François-Xavier, Saint-Ambroise, Saint-Jean-de-Montmartre… On en passe.

« Cela a duré douze-treize minutes. Je m’en souviendrai toujours », témoigne l’intendante de Saint-Gervais en sortant son trousseau de larges clés pour nous emmener par un escalier en colimaçon contempler depuis les toits l’ampleur des dégâts. Pas moins de 129 impacts sur L’Adoration des mages, une baie vitrée de la fin du XVIe siècle sur la face ouest du transept nord, Une cinquantaine pour Moïse et les Tables de la loi dans le transept sud et autant pour La Jérusalem céleste, sur la façade, deux baies contemporaines posées en 2003.

Il vous reste 84.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
Exit mobile version