Destination prisée depuis déjà des années par les expats latinos, la capitale espagnole attire à présent de plus en plus de Nord-Américains séduits à la fois par son dynamisme culturel et son ambiance “typiquement espagnole”.
“Au premier trimestre 2025, ces derniers représentaient le groupe d’acheteurs étrangers affichant la plus forte croissance en Espagne, avec une hausse de 57 % sur un an”, relève le Financial Times. Ils sont également devenus les principaux acteurs de la demande locative étrangère.
La population de la capitale espagnole, de plus en plus cosmopolite, augmente aujourd’hui plus vite que celle de Barcelone, souligne le quotidien britannique. Et pour accueillir les plus aisés de ces nouveaux venus, les promoteurs multiplient les réhabilitations de prestige en les adaptant au “goût international”.
“Dans le quartier de Cortes, également connu sous le nom de Barrio de las Letras, plusieurs immeubles aux magnifiques façades et balcons en fer forgé font l’objet d’une reconversion.” La Calle de Cedaceros, une rue ancienne, abrite par exemple la Casa Lamar, désormais divisée en 22 appartements haut de gamme dont la décoration intérieure est signée par [l’architecte et designer] Patricia Urquiola.
“La ville ne nous appartient plus”
Autant de réalisations qui tirent les prix de l’immobilier vers le haut pratiquement dans tous les quartiers historiques de la capitale, récemment devenue la ville la plus chère du pays en détrônant la station balnéaire de Saint-Sébastien, sur la côte basque. Dans le quartier de Recoletos, à Salamanque, les appartements coûtent entre 16 000 et 20 000 euros le mètre carré.
Aujourd’hui, beaucoup s’interrogent sur l’impact de ces programmes immobiliers sur l’identité culturelle de Madrid. “Entre 2020 et 2024, plus de 7 000 commerces de proximité ont fermé. Dans certains quartiers, comme Lavapiés, Tetuán et Malasaña, le constat est particulièrement poignant”, rapporte le Financial Times.
La Britannique Helen Wilkins a quitté le Royaume-Uni pour s’installer à Madrid en 2006. A présent, elle a du mal à reconnaître la rue où elle s’était initialement installée, dans l’arrondissement de Tetuán. “Il y a des gratte-ciel et des chantiers partout. Les vieux bars espagnols ont été remplacés par des cafés spécialisés dans le matcha.”
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