vendredi, mars 20

Accusations de mensonges, « poison démocratique », « droite réactionnaire », « fakenews » : le maire écologiste de Lyon Gégory Doucet et son rival Jean-Michel Aulas ont multiplié les échanges rugueux à la fin d’une campagne âpre pour un scrutin serré.

Revenu de très loin dans les sondages, le maire a su créer une dynamique pour coiffer sur le fil au premier tour l’ex-président de l’Olympique lyonnais, avec 37,4% des suffrages contre 36,8%.

Venu en milieu de semaine soutenir l’écologiste, le député de gauche François Ruffin a moqué la « degringolada » de Jean-Michel Aulas versus la « remontada » de Grégory Doucet promise par Marine Tondelier, la cheffe des Verts.

« Arriver devant, c’était inespéré même 48 heures avant. On imaginait dans nos rêves les plus fous être à égalité », assure à l’AFP le sénateur EELV du Rhône Thomas Dossus, un des directeurs de campagne de M. Doucet.

« On est en dynamique mais on n’est pas dans un fauteuil, ça va se jouer à un ou deux points », tempère-t-il. « On a des gens partout qui font la campagne. Il faut que les électeurs de gauche retournent aux urnes ».

Pour espérer gagner, Grégory Doucet, a signé un accord qualifié de « fusion technique » de ses listes d' »Union de la gauche et des écologistes » avec celles de la députée Insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi (10,4%).

« Si on avait laissé la France insoumise se maintenir, on n’avait aucune chance de gagner », relève Thomas Dossus.

En cas de victoire, « les Insoumis ne seront pas dans la majorité et n’auront pas de minorité de blocage et nous pourrons gouverner sur la base de notre programme », a répété le maire.

« Accord de la honte » avec « un parti extrémiste, radicalisé, qui prône la violence », a dénoncé Jean-Michel Aulas, mot d’ordre martelé par son équipe de campagne.

« C’est un choix polique grave, un populisme dangereux, un poison démocratique. Cet accord est un accord de circonstance, un accord de survie », a encore lancé le chef d’entreprise, candidat soutenu par la droite et le centre, lors d’un discours jeudi dans une brasserie où il a regardé le match de Ligue Europa Lyon-Celta Vigo.

– « Moins marketer » –

Cette alliance a aussi été la justification pour refuser un débat avec son rival, prévu de longue date par France 3.

« Si M. Aulas était vraiment sérieux, il accepterait que l’on puisse débattre ensemble. Le débat est nécessaire si l’on veut que la démocratie soit vivante et respectée », a regretté Grégory Doucet.

Très connu mais novice en politique, peu préparé aux joutes électorales, Jean-Michel Aulas, qui aura 77 ans dimanche, avait été mis en difficulté sur la forme et sur le fond lors du seul débat d’avant premier tour.

Cela « avait créé des doutes » chez certains électeurs, reconnait auprès de l’AFP Béatrice de Montille (LR), candidate à la mairie du IIIe arrondissement sous les couleurs Aulas.

Il aurait fallu « moins marketer, être plus authentique », regrette Alexandre Vincendet, maire LR de Rilleux-la-Pape et élu sous les couleurs Aulas à la Métropole.

« Une campagne, c’est une guerre de mouvement, pas une guerre de tranchées, on ne doit pas gérer l’acquis mais créer une dynamique », assène-t-il.

Néanmoins, « le coude-à-coude a relancé la mobilisation », veut croire Béatrice de Montille, pour qui l’objectif est « d’aller chercher les abstentionnistes, qui pensaient que c’était bon au premier tour, et un électorat modéré qui rejette l’alliance LFI/écologistes ».

Si Jean-Michel Aulas est en ballottage défavorable, son alliée LR Véronique Sarselli a de bonnes chances de ravir la Métropole, vrai cœur du pouvoir à Lyon, détenue par l’écologiste Bruno Bernard, qui, lui, n’a pas pu nouer d’alliance avec LFI pour le second tour.

Cela fait dire à François Ruffin: « Je suis venu il y a 15 jours, c’était +attention, Lyon est en danger, mais la Métropole, ça devrait aller+. Et je reviens 15 jours plus tard et c’est +Lyon, ça devrait aller, mais la Métropole est en danger+ ».

« Ca va être serré » mais « ca reste possible » de conserver la Métropole, espère son président, misant notamment sur le « vote utile » à gauche. Dans le camp LR, on est pourtant convaincu que ce match-là est plié.

bur-epe/chp/frd/

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