mardi, janvier 20

Julien (le prénom a été modifié) fait toujours une dernière ronde après l’heure du coucher, à 22 heures. Assistant d’éducation (AED) dans un lycée en Occitanie, il s’occupe de l’internat deux soirs par semaine. Après avoir souhaité une bonne nuit à la vingtaine d’élèves de son dortoir, il fait le tour du bâtiment, le regard dirigé vers les fenêtres, à la recherche de lumières bleues. « Il y en a très peu qui se couchent, ils restent sur leur téléphone. »

Le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, l’a martelé, le 8 janvier sur Franceinfo : « Le temps de l’école, ce n’est pas le temps du téléphone. » Deux textes de loi – l’un émanant du gouvernement et l’autre, porté par Laure Miller, députée Renaissance de la Marne – entendent interdire l’usage du portable dans les lycées à la rentrée 2026, ainsi que les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. « Comportements addictifs », problèmes de concentration, manque de sociabilisation… Le ministre invoque un « enjeu de santé publique ». Il nuance cependant : des dérogations seront possibles « dans les conditions qu’auront acceptées les chefs d’établissement dans leur règlement intérieur ».

Pour Christelle Kauffmann, secrétaire générale adjointe du SNPDEN (syndicat des chefs d’établissement) et proviseure du lycée Louis-Rascol, à Albi, qui compte environ 200 internes, « le “tout-interdit” n’est pas possible [à l’internat], il faut trouver un entre-deux vivable pour les élèves et gérable pour la vie scolaire ». En 2018, l’éducation nationale comptait 177 775 internes au lycée, soit 5,9 % des lycéens en voie générale et technologique et 12,7 % des élèves de la voie professionnelle.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Une partie de la génération Z en quête de pause numérique : « Je me sentais mal après chaque utilisation, arrêter m’a soulagée d’un poids énorme »

En 1re générale, Inès dort quatre soirs par semaine au lycée Ferdinand-Foch, à Rodez. Elle est déléguée d’internat, assurant le lien entre les adultes et les 400 internes de l’établissement. « L’internat, c’est notre deuxième maison. On reste avec les mêmes personnes tous les jours, tous les soirs. Ça crée des liens », résume-t-elle.

Il vous reste 64.78% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
Exit mobile version