jeudi, janvier 1
A l’avant-post, série documentaire de Judicaëlle Perrot

ON.SUZANE – À LA DEMANDE – SÉRIE DOCUMENTAIRE

Depuis plusieurs années, Instagram a émergé comme le nouveau champ de bataille des luttes féministes, affrontant l’ennemi masculiniste et réactionnaire de tout poil. @jesuisunesorciere, @_habibitch_, @clitrevolution, @o.s.m.o.s.e, @jemenbatsleclito, @sansblancderien : ses soldates et soldats aux noms impertinents y combattent à coups de posts critiques et souvent drôles l’ignorance, l’à-peu-près, les préjugés, la désinformation. La mini-série documentaire de Judicaëlle Perrot, A l’avant-post, visible sur le média en ligne on.suzane propose une galerie de portraits de jeunes militantes et militants ià la croisée des combats : intimité, féminisme, genre, prostitution, décolonialisme, racisme, dominations. « A partir de 2020 et le confinement, c’est sur Insta que j’ai continué à construire mon esprit critique, explique au Monde la réalisatrice, à qui l’on doit aussi une série sur la révolution de la paternité, Pères sans repères. Aujourd’hui, c’est là que sont les jeunes. Alors j’ai voulu mettre en lumière des personnalités qui m’aident à penser le monde. Et montrer aussi comment se mène la lutte. »

Car il n’est pas facile tous les jours de déjouer les algorithmes d’un réseau social dont le propriétaire, Mark Zuckerberg (Meta), ne figure pas au rang des progressistes. La censure a donc vite rattrapé ces militantes qui résistent désormais à des campagnes de haine et à l’effacement récurrents de leurs posts, voire de leurs comptes. « L’appropriation des codes d’Internet par les mouvements féministes participe à construire une contre-culture, explique Alice Pfältzer (@je.suis.une.sorciere), institutrice et autrice. Elle nous permet d’inverser le stigmate, d’exister en tant que groupe et de créer un art de l’intime qui ne soit pas celui des dominants. »

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