
Une actrice vêtue de noir assise sur des marches interrompt d’une voix ferme le brouhaha général : « Ce n’est pas facile d’éteindre son téléphone portable. » A cet instant précis, Constance Dollé concentre sur elle une attention maximale qui ne faiblira plus. Elle demande le silence. Elle l’obtient. Les yeux fermés, elle offre son visage aux regards inquisiteurs du public. Est-elle la proie ou est-elle le fauve ?
D’entrée de jeu, la comédienne a mis les points sur les « i » : ici naît le théâtre où les acteurs s’engagent dans l’épopée des métamorphoses. Ici se raconte le devenir animal d’une anthropologue défigurée par un ours dans les montagnes sibériennes du Kamtchatka en 2015. Croire aux fauves (Verticales, 2019), le récit de Nastassja Martin, est à l’origine d’un spectacle dense et perturbant que met en scène Sandrine Raynal à La Scala Paris.
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