- La prochaine édition de la Biennale doit se tenir à Venise du 9 mai au 22 novembre.
- La présence russe, pour la première fois depuis quatre ans, est vivement critiquée.
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Ukraine : la guerre entre dans sa 5ᵉ année
Réputée pour son avant-gardisme et son ouverture sur le monde, la Biennale de Venise se trouve aujourd’hui sous le feu des critiques pour avoir autorisé la Russie à faire partie de l’exposition. Lors de sa 61e édition, qui se tiendra du 9 mai au 22 novembre prochain, Moscou aura donc son propre pavillon, sous la supervision de la commissaire Anastasia Karneeva. De quoi interloquer, voire choquer, plusieurs acteurs alors que la guerre se poursuit en Ukraine.
Une destruction du patrimoine ukrainien
C’est la première fois que la Russie revient officiellement à la Biennale depuis quatre ans. Banni en 2022 et en 2023, le pays avait toutefois réussi à imposer sa présence en 2024, en louant le pavillon de la Bolivie, comme le rappelle (nouvelle fenêtre) le média russe indépendant Meduza. Logiquement, Kiev s’est opposé à toute forme de rayonnement russe à l’événement, qui rassemble les plus grands noms de l’art contemporain ou de l’architecture.
Le 24 mars, le ministre ukrainien des Affaires étrangères a interpellé la Biennale, lui demandant de ne pas « détourner le regard »
devant les crimes commis par l’armée russe. « Voici le visage hideux de la Russie barbare : un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO détruit en plein cœur du centre historique de Lviv. C’est cette barbarie que vous souhaitez banaliser à la Biennale. Revenez sur terre ! »,
a exhorté Andrii Sybiha, sur son compte X (nouvelle fenêtre).
Quelques jours plus tôt, l’Europe (nouvelle fenêtre) avait « condamné fermement »
le retour russe à la Biennale et avait même menacé l’exposition de suspendre ses financements. « Si la Fondazione Biennale maintient sa décision d’autoriser la participation de la Russie, nous envisagerons d’autres mesures, y compris la suspension ou la suppression d’une subvention européenne en cours à la Fondation de la Biennale »
, avait alors affirmé la Commission européenne, dans une déclaration (nouvelle fenêtre) faite le 10 mars.
Une expression du soft power russe
Côté russe, les traditionnels opposants au Kremlin ont pris la parole après la réouverture du pavillon, vue comme une expression de soft power.
Sur Facebook (nouvelle fenêtre), le collectif des Pussy Riot a évoqué « un coup dur pour la sécurité de l’Europe »
et jugé que « depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, le soft power culturel est devenu partie intégrante de la doctrine militaire russe et un instrument de guerre hybride. Il s’agit de l’expansion culturelle de la Russie impériale au cœur de l’Europe. »
Ces critiques en cascade ont poussé le maire de Venise à poser certaines conditions à la présence d’artistes russes à l’événement. « Si le gouvernement russe se livrait à de la propagande, nous serions les premiers à fermer le pavillon »,
a d’abord assuré (nouvelle fenêtre) Luigi Brugnaro à l’agence de presse Ansa, en clarifiant plus tard (nouvelle fenêtre) sa position : « La Russie, en tant qu’État ayant envahi l’Ukraine, est un problème, mais le peuple russe ne l’est pas. Je suis pro-ukrainien, tout le monde le sait, j’ai jumelé Venise avec Odessa ».
En effet, Venise avait été jumelée avec Odessa en 2022, quelques mois après le début de la guerre à grande échelle. La ville de Miami, aux Etats-Unis, avait connu le même sort.




