Ils sont venus comme ils l’auraient fait n’importe quel autre jour de l’année. Lundi 5 janvier, Jose et Dallerlin (les personnes citées par un prénom ont souhaité conserver leur anonymat) sont sortis du Venezuela en franchissant à pied et sous une averse tropicale le pont international Simon-Bolivar. Enjambant le fleuve Tachira, il marque l’un des principaux points de passage entre leur pays et la Colombie. Le couple est venu faire vacciner leur fils de 7 mois. Ils rentreront ensuite chez eux.
Les deux Etats partagent une frontière de plus de 2 200 kilomètres et, depuis l’enlèvement à Caracas du président vénézuélien, Nicolas Maduro, par les forces spéciales américaines dans la nuit du 2 au 3 janvier, cette dernière fait l’objet d’un renforcement côté colombien, en particulier au nord-est du pays. Le ministre de la défense, Pedro Sanchez Suarez, a annoncé le 4 janvier depuis Cucuta, chef-lieu du Norte de Santander, le déploiement de 30 000 militaires face aux « menaces » que représente le « crime organisé transnational » et, plus spécifiquement, « le cartel de l’ELN [l’Armée de libération nationale] et le Tren de Aragua [l’une des organisations criminelles vénézuéliennes les plus puissantes, en lien avec le narcotrafic] ».
Il vous reste 75.62% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



