Zarit paraît avoir été abandonnée du jour au lendemain. Les volets des maisons de ce mochav – « communauté » en hébreu – de quelques centaines d’habitants, situé tout contre la frontière libanaise, sont presque tous fermés. Des vélos sont laissés en travers des jardins. Du linge pend encore aux étendoirs. Seuls signes de vie : les poulaillers de cette localité agricole et des voitures qui passent en trombe, semblant fuir une sourde menace. De temps à autre, de puissantes explosions résonnent au loin : l’armée israélienne bombarde les positions du Hezbollah, un peu plus au nord, en territoire libanais.
Une seule maison a des fenêtres ouvertes : celle d’Hubert et Tsila Berebi, respectivement 76 ans et 74 ans, qui passent le temps à l’abri chez eux, pendant ce nouvel épisode guerrier, effet du conflit avec l’Iran, attaqué samedi 28 février par Israël et les Etats-Unis.
Dans la nuit de dimanche à lundi, à 1 h 04 précise, un acteur du conflit, le mouvement chiite libanais allié de Téhéran, s’est rappelé au souvenir d’Israël : pour la première fois depuis la fin de la guerre d’octobre-novembre 2024, le Hezbollah a envoyé quelques roquettes et drones sur le territoire israélien. L’armée israélienne a répliqué, faisant plus de 50 morts côté libanais. S’est ensuivie une nuit tumultueuse pendant laquelle Hubert et Tsila ont peu dormi, sans quitter leur lit pour autant.
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