lundi, mars 9
Lélio Plotton.

Il entend tout : une respiration mal placée, un mot égratigné, la fatigue dans les voix. Depuis le parterre du Théâtre Jacques-Coeur, petite salle à l’italienne de près de 300 places plantée dans le centre historique de Bourges, Lélio Plotton ne perd rien de la « performance sonore » qui se fabrique sur le plateau, en direct sous ses yeux.

Ce jour de répétition, trois comédiens disent leur texte, debout au micro, accompagnés d’une bruiteuse à l’installation singulière. Des couverts posés sur une assiette, un clavier d’ordinateur débranché, une allumette prête à être craquée, des brosses à dents… Ces objets du quotidien détournés de leur fonction originelle donnent à entendre ces sons qui, progressivement, paraissent donner vie à une pièce théâtrale et radiophonique.

Rien n’échappe au metteur en scène de 43 ans. « Il faut que ça swingue ! », encourage-t-il. Cofondateur de la compagnie Léla, créée en 2007 avec l’autrice Lola Molina, il confie ne pas se lasser, toujours fasciné par la petite machinerie de son théâtre de poche européen. « Je ne sais pas écrire, je n’ai jamais voulu être comédien non plus, peut-être par timidité, assume-t-il sans regrets. Ce qui m’a toujours attiré, c’est la mise en œuvre. J’ai appris à écouter, à entendre les rythmes et l’interprétation d’un comédien à travers le souffle. Ma partition, c’est de trouver quelle potion magique utiliser pour qu’un texte sonne bien. »

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