samedi, février 7

« Cela ne devrait pas tarder à commencer ! », chuchote Sophie Laugareil, de la tour d’observation de la réserve naturelle d’Arjuzanx, située dans les Landes. En cette fin de journée, le temps semble suspendu. Il règne un silence de plomb. C’est un peu comme si la nature attendait impatiemment leur arrivée. Comme nous, par ailleurs. « Vous les entendez ? », ajoute, enjouée, la directrice de la réserve, tout en nous montrant les Pyrénées enneigées. On se retourne vers le nord ; on tend l’oreille, perçoit enfin les premiers cris et devine au loin dans le ciel crépusculaire de petites lignes noires. Quelques secondes plus tard, ça trompette à tout bout de champ. Les premières grues cendrées rangées en V passent en formation sous nos yeux.

Ce spectacle laisse incrédule. De notre tour de guet, perchés à 15 mètres du sol, on admire, bouche bée, le vol élégant et gracieux des échassiers au long cou et au plumage gris. Très vite, on ne sait même plus où donner de la tête ; ça n’arrête pas, ils arrivent par milliers pour rejoindre leur dortoir, le plateau des Grues, un replat de 230 hectares destiné à leur hivernage.

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