
Une industrie européenne innovante, prête à investir massivement et soucieuse de l’environnement : c’est ce que devait symboliser un projet de l’entreprise danoise Vioneo au port d’Anvers, le premier pôle chimique de l’Union européenne. La désillusion est totale pour la Belgique et les autorités européennes après l’annonce faite le 15 janvier par cette filiale du groupe A.P. Moller, également propriétaire du transporteur maritime Maersk : elle investira bien 1,5 milliard d’euros dans une vaste production de plastique sans énergie fossile, mais en Chine.
L’abandon de ce projet de « chimie verte » est le symptôme d’« un problème structurel » de l’économie européenne, a réagi Jacques Vandermeiren, directeur général du port fusionné Anvers-Bruges. Essenscia, la fédération belge de l’industrie chimique, évoque « un signal d’alarme douloureux pour l’Europe ».
Vioneo devait s’établir sur le site dépollué d’une ancienne raffinerie du port afin de produire annuellement 300 000 tonnes de plastique à base de méthanol « vert », matière première pour la fabrication de polypropylène et de polyéthylène, deux plastiques de base servant à diverses applications. Le méthanol, produit initialement avec du gaz ou du charbon, peut l’être désormais à base du bio méthanol ou de e-méthanol, deux techniques recourant l’une à la biomasse, l’autre à l’hydrogène et au dioxyde de carbone capturé.
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