
Des eucalyptus manquent dans l’alignement qui borde la rue Glenrose, à Altadena, le quartier le plus touché par les grands feux de Los Angeles, en janvier 2025. Face aux souches au diamètre impressionnant et aux survivants aux troncs noircis, Wynne Wilson, une paysagiste qui vit là, se souvient : « Des gens en larmes empêchaient les tronçonneuses de continuer à couper ces arbres cinquantenaires. C’était un matin frais d’octobre et ils m’avaient appelée à l’aide. » Ce jour-là, à force de tractations, son association, Altadena Green, parvient à faire taire les haches dans cette allée martyre, où ont eu lieu plusieurs des 31 décès des incendies. D’un côté de la rue, les maisons sont intactes ; en face, elles ont été détruites par l’Eaton Fire. « Les rescapés estimaient que l’allée d’eucalyptus les avait protégés, empêchant les flammes de traverser. D’où leur désespoir de les voir disparaître », explique Wynne Wilson.
Des scènes comme celle-là, l’arboriste en a vécu des dizaines depuis les incendies qui ont détruit 16 000 habitations. « Il a fallu mener une véritable guerre pour sauver des arbres qui n’étaient pas morts, mais considérés comme tels par les autorités », raconte-t-elle depuis son terrain désormais aussi sans maison. Après avoir été appelée en urgence plusieurs dizaines de fois pour contre-expertiser des « condamnés », l’architecte paysagiste, experte en plantes indigènes californiennes, a cofondé Altadena Green, une petite association d’arboristes pour empêcher « une deuxième mort d’Altadena en enlevant ce qui lui reste de son identité naturelle ».
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