- Israël a confirmé ce jeudi l’interdiction d’accès dans la bande de Gaza de 37 organisations internationales majeures.
- Elles ont refusé de communiquer la liste des noms de leurs employés, en vertu d’une nouvelle réglementation.
- Plusieurs pays ont dénoncé cette décision.
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Israël et le Hamas en guerre
Elles sont persona non grata dans la bande de Gaza. En vertu d’une nouvelle réglementation, Israël a confirmé jeudi 1ᵉʳ janvier l’interdiction d’accès dans la zone à 37 organisations internationales majeures. En cause : leur refus de communiquer à l’État hébreu la liste des noms de leurs employés.
« Les organisations qui n’ont pas respecté les normes requises en matière de sécurité et de transparence verront leur licence suspendue
« , a déclaré dans un communiqué le ministère israélien de la Diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme. Les ONG avaient jusqu’à minuit pour communiquer les noms de leurs employés. Parmi elles : Médecins sans frontières (MSF), le Norwegian Refugee Council, Care, World Vision ou encore Oxfam. Leurs licences annulées, elles ont désormais jusqu’au 1ᵉʳ mars pour cesser toute activité à Gaza.
Certains employés sont impliqués dans le terrorisme ou liés au Hamas
Certains employés sont impliqués dans le terrorisme ou liés au Hamas
Gilad Zwick
Israël en est convaincu : certains membres sont liés au Hamas. « Le message est clair : l’assistance humanitaire est la bienvenue — l’exploitation des cadres humanitaires à des fins de terrorisme ne l’est pas
« , a martelé dans le communiqué le ministre, Amichai Chikli. « Ils ne veulent pas remettre la liste de leurs employés palestiniens parce qu’ils savent (…) que certains d’entre eux sont impliqués dans le terrorisme ou liés au Hamas
« , avait accusé mercredi Gilad Zwick, un porte-parole du ministère de la Diaspora.
Le ministère israélien a notamment accusé MSF d’avoir employé des personnes « entretenant des liens avec des organisations terroristes
« . Dans un communiqué transmis à l’AFP, l’ONG a affirmé qu’elle appliquait « des politiques internes strictes afin de garantir le respect des lois et d’empêcher tout détournement de l’aide ou toute association avec des groupes armés
« . Elle a par ailleurs expliqué qu’elle n’avait pas transmis la liste de ses employés car elle continue de demander à Israël « des garanties et des clarifications
» concernant cette demande « préoccupante
« .
Cette décision a suscité une vague de contestation, y compris au sein de l’État hébreu. Jeudi matin, un regroupement de 17 organisations israéliennes marquées à gauche a condamné ces restrictions dans un communiqué commun. « La radiation de 37 ONG internationales sape l’action humanitaire (…), met en danger le personnel et les communautés, et compromet l’efficacité de la distribution de l’aide
« , écrivent-elles.
L’Union européenne a, elle, prévenu que cette suspension de l’accès à Gaza empêcherait l’acheminement d’une aide vitale sur ce territoire ravagé par deux ans de guerre. « Tous les obstacles à l’accès (de l’aide) humanitaire doivent être levés
« , a écrit la commissaire européenne Hadja Lahbib sur X. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a de son côté jugé que « de telles suspensions arbitraires (aggravaient) encore une situation déjà intolérable pour la population de Gaza
« , où un cessez-le-feu est entré en vigueur en octobre.
Mardi, les ministres des Affaires étrangères de dix pays, dont la France et le Royaume-Uni, avaient déjà exhorté Israël à « garantir un accès
» à l’aide dans la bande de Gaza, où la situation humanitaire demeure « catastrophique
« . Dans un territoire qui compte plus de deux millions d’habitants, « 1,3 million de personnes ont toujours urgemment besoin d’un abri
« , avaient-ils déploré.




